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Booba et Maître Gims sortent des albums réédités : les maîtres du marketing !

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À une semaine d’intervalle, les deux grandes figures du rap français ont offert à leurs fans deux albums à peine différents de leurs anciens opus. Et pourtant, le succès est au rendez-vous. Comment les rappeurs orchestrent-ils leur carrière ? Décryptage avec Michel Bampély, doctorant en sociologie des cultures urbaines.
Le lundi 25 novembre, Booba sortait « Futur 2.0″, une réédition de son album précédent et le rappeur Maître Gims fit de même le 2 décembre avec « La face cachée », une version augmentée de 6 titres de son dernier opus. Dans la même période, la chanson française a repris des droits en nous envoyant ses artistes majeurs tels que Florent Pagny, Bernard Lavilliers, Étienne Daho ou encore Laurent Voulzy.
Le rap mainstream destiné au grand public joue aujourd’hui dans la cour des grands. Et ceci au grand dam des intellectuels réactionnaires et mélancoliques de « la France rêvée » d’autrefois. Ils en oublient parfois que le rap français fête ses quarante ans et que cette musique importée des États-Unis l’est tout autant que le rock’n’roll des années 60 incarné par Johnny Hallyday, Eddy Mitchell ou Dick Rivers.
Les musiques changent mais les vielles recettes marketing restent. Les vieux rockeurs assagis et institutionnalisés laissent place aux rappeurs à « la mauvaise réputation » médiatique pour cristalliser les goûts et la révolte juvénile qui se nourrissent de la culture de masse.
Les fans de Booba mobilisés
« Futur 2.0″ s’est déjà écoulé à plus de 19.000 exemplaires lors de sa première semaine d’exploitation. Booba réalise un nouveau record pour un album réédité. Le duc de Boulogne construit sa carrière en mobilisant son public sur les réseaux sociaux même sans l’appui des médias traditionnels.
« Tu n’existes que sur internet
Moi j’enc.. Sky j’peux m’le permettre » (« Parlons peu »)
Son indépendance par rapport à Skyrock est fièrement assumée, même si la station diffuse en exclusivité ses nouveautés. Booba prouve avec le temps qu’il n’existe qu’à cause d’un public fidèle à sa musique pourtant privée de reconnaissance culturelle.
Il incarne pour une partie de la jeunesse « ces héros négatifs » comme l’explique le philosophe Edgard Morin, pour James Dean ou Marlon Brando dans le cinéma des années 50. Sa musique et son image s’inspirent très largement des personnages de films de gangsters ou de supers héros qui mènent leur combat contre les dérives de la société.
Booba ne croit pas aux valeurs républicaines et préfère vanter les plaisirs, le succès, la réussite et l’argent qu’offrent le capitalisme et la mondialisation.
Le rappeur séduit un public féminin
Le public de Booba s’est féminisé avec le temps si l’on tient compte de la typologie des personnes qui remplissent ses concerts. Le gangsta rap, réservé au départ « aux mauvais garçons », a fini par séduire la gente féminine. L’artiste s’adresse à elles de manière crue et directe. Son usage du « hard talking » crée une rupture avec la chanson française dont le romantisme des paroles provient de l’héritage des troubadours et des trouvères du Moyen-Âge.
Comme il l’explique lui-même, ses propos ne s’adressent pas aux femmes mais à un certain type de femmes qui se reconnaîtront.
« On t’aura à coup de billets fais pas la belle » (« Caramel »)
Il crée une ligne de vêtements féminins avec sa marque Ünkut et son équipe organise des concours pour que des égéries puissent porter les nouveaux modèles.
Sur cette réédition, Booba nous dévoile neuf nouveaux titres dont la plupart avaient déjà été postés sur Youtube. Pour ma part, je fus très déçu par le titre « Longueur d’avance » avec Maître Gims.
Le single avait déjà fuité il y a quelques temps sur le net avec un autre refrain. Le simple ajout de la voix du chanteur de Sexion d’Assaut n’a pas suffit à mon sens à créer la surprise. Mais qu’importe ! Les titres « Parlons peu », « RTC », « TLT » ou « AC Milan » ont suffit à rassembler à nouveau sa base fan dans les bacs pour classer le rappeur, dès la sortie du disque, au sommet des cassements et de son ego.
Le pop art de Maître Gims
De son côté, Maître Gims, a réédité le 2 décembre son album « La face cachée », dont la première version, « Subliminal », avait séduit plus de 300. 000 acheteurs. Le secret de Maître Gims réside dans le fait qu’il est à la fois rappeur et chanteur populaire et ses refrains n’ont rien à envier à certaines chansons de Jean-Jacques Goldman.
La comparaison pourrait sembler absurde à une poignée d’amateurs de variété française, mais c’est un fait. Je parle bien entendu des mélodies et non du fond des textes.
Maître Gims excelle dans sa capacité à produire des tubes successifs à chaque sortie d’album.
Il a comblé le vide laissé sur la marché par les chanteurs de r’n’b qui n’existent pratiquement plus en France. Humphrey a quitté sa maison de disques pour poursuivre sa carrière en indépendant, Willy Denzey a manqué son retour, Matt Houston nous offre des singles zouk et M. Pokora défini son style autrement. La vague r’n’b a comme aux États-Unis pris un virage vers l’électro ou la pop urbaine et seules quelques chanteuses comme Tal ou Shy’m revendiquent appartenir à ces nouveaux courants.
Comme la nature a horreur du vide, les rappeurs se prêtent au jeu de la chanson et leurs voix en studio sont « auto-tunées » d’abord pour ajuster les notes puis donner un effet de style.
Maître Gims, lui, ne se pose pas de questions, il chante (et pas toujours dans sa meilleure tonalité) et permet à un très jeune public de non initiés d’accéder aux musiques urbaines sans passer par le rap conscient et engagé.
Redoutable efficacité de « Zombie »
Le tube, je l’attendais de sa collaboration avec Booba pour marquer à jamais le rap français. Finalement, c’est seul que Maître Gims revient avec « Zombie », single extrait de « La face cachée ». Un titre entièrement chanté qui s’est propulsé à la première place des classements iTunes. Une chanson d’une redoutable efficacité radiophonique que ses fans ont plébiscitée avant même sa sortie officielle.
Cet artiste est le fils de Djanana Djuna membre du groupe Viva La Musica fondé en 1977 par Papa Wemba. Maître Gims a donc évolué dans un milieu artistique influencé par la très populaire rumba congolaise portée par des chanteurs à voix, des animateurs et des rythmes festifs.
Il est donc naturel que le rappeur se dirige par affiliation vers la chanson commerciale, où il devient peu à peu le Maître du jeu.
 
 
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